CONSEIL GÉNÉRAL – Redécouverte des sites sensibles

CES LAGUNES SONT LA MÉMOIRE D’UNE VIEILLE HISTOIRE…

Le marais du Cla et ses lagunes sont les témoins de l’ancienne grande lande de Gascogne. Asséchée par l’homme au milieu du XIXe siècle, notamment pour favoriser la culture des pins, la lande humide est devenue une immense forêt qui garde encore précieusement en son cœur, des joyaux, d’étonnantes clairières…

Une histoire, dont elle garde mémoire ! Avant de partir à sa découverte, un peu d’histoire. Imprégnez-vous tout d’abord du riche passé, de ce lieu rare et insolite. Autrefois, il y a près de 200 000 ans, de gros blocs de glace se tenaient là, tranquillement enfouis, secrètement, sous une épaisse couche de sable. Petit à petit le vent a balayé l’espace et lors du dernier réchauffement climatique, nos « icebergs souterrains » fondirent et laissèrent place à des milliers de cuvettes, réparties sur tout le territoire Girondin. Aujourd’hui, ils en subsistent très peu. Les lagunes du Gat Mort, encore imprégnées d’eau à ce jour, font partie de ces trop rares rescapés de notre histoire naturelle. Pour aller à leur rencontre, découvrir leurs mystères, leurs secrets et trésors : armez-vous simplement d’une âme d’explorateur, curieux, attentif et respectueux de la nature. Laissez-vous tout d’abord enivrer par l’odeur des pins, marchez et surtout observez. La nature va ensuite vous guider.

La flore ici fait tout naturellement office de baromètre hygrométrique.

Chaque plante s’adapte et évolue en fonction du taux d’humidité ambiant. Vous retrouverez donc les mêmes espèces, à divers endroits, à la seule condition que le taux d’humidité du sol soit identique. Que l’éponge soit imbibée de même façon ! Ainsi à la frontière de la pinède, sur un terrain encore assez sec, les champs de Milinie, aux couleurs changeantes en fonction des saisons, foisonnent. La base de leur tige a la particularité de sécher et de durcir sans se décomposer. Les nouvelles tiges se greffent alors sur les anciennes. Leurs racines, qui remontent dans ce dôme, sont appelées « touradon ». Véritables citadelles qui protègent tout naturellement la clairière.

Aux cotés de ces « citadelles », vous trouverez jusqu’à cinq espèces de bruyères, roses ou violettes, qui se plaisent tant sur ces sols siliceux. Surtout ne les piétinez pas !

Puis passez la lisière de chênes et de bouleaux, limite de la pinède. Le rideau s’ouvre enfin pour révéler un monde mystérieux et sauvage : le marais du Cla et les lagunes du Gat Mort. De grands yeux noirs, sombres miroirs, à l’eau figée et tranquille vous observent. Vous êtes au cœur d’un espace riche de mystères et de magie, une clairière d’un autre monde, d’un autre temps. Ces yeux là reflètent tout ce qui les entoure, mais gardent aussi mémoire de leur passé.

Mais ne vous y trompez pas : tendez l’oreille, ouvrez l’œil et le bon ! La vie est là ! Quelle richesse ! Une flore ensorcelante et pourtant si naturelle : elle laisse libre cours à sa fantasmagorie, elle évolue spontanément. Mais la nature ordonne rigoureusement les choses sous des airs faussement sauvages et débridés.