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LE DOS DOULOUREUX CHEZ L’ENFANT

Entre 6 et 11 ans, le dos des enfants est encore souple, il est rare d’être véritablement confronté à de gros problèmes de dos. Parfois le mal est peut-être plus symptomatique ; un peu comme ces trop fameux maux de ventre… Parfois, le dos a bon dos.

Cependant de 10 à 11 ans, 63% des enfants se plaint de douleurs occasionnelles ou fréquentes au niveau du dos. Les facteurs favorisants, habituellement rapportés incluent l’âge, le sexe féminin, les antécédents familiaux de rachialgies, les traumatismes rachidiens et la pratique d’activités sportives intenses ou au contraire l’absence de toute activité physique. D’autres facteurs restent discutés : un index de masse corporelle élevé, les facteurs psychosociaux, la taille, les troubles de la statique rachidienne et le poids du cartable.

Ce qui doit vous inquiéter : Votre enfant a de la fièvre, se plaint d’être fatigué, Il se réveille la nuit, à cause de la douleur, Ses activités sont modifiées, Et ces symptômes durent plus d’un mois… N’hésitez pas, consultez votre pédiatre. Il vous orientera. Les douleurs du dos chez l’enfant nécessitent un examen minutieux afin d’éliminer un problème organique qui peut être grave. Cet examen orientera vers un bilan complémentaire et le traitement de la cause ou au contraire vers une surveillance et un traitement symptomatique. Mais attention, tout comme le ventre, le dos est souvent un point d’appel pour attirer votre attention… Le problème est peut-être ailleurs…

Une activité physique régulière est toujours conseillée : un dos bien musclé est toujours plus fort et plus résistant. Le développement des muscles dorsaux ainsi que les muscles abdominaux a son importance, puisqu’ils soutiennent la colonne. Ces muscles, renforcés, permettent à la colonne d’être à la fois tonique et souple. Attention cependant au sport de haut niveau, de compétition, pouvant entrainer des douleurs et fragiliser le dos. A contrario, une hypo activité reste néfaste. Assis toute la journée, peu mobile, votre enfant se fragilise et son dos absorbe alors bien des maux…

Et la scoliose ? Qu’en est t’il pour vos 6-11 ans ? Du grec skolios, torteux, la scoliose est une déformation du rachis dans les trois plans de l’espace; elle associe une déviation frontale, une modification des courbures de profil et une rotation des corps vertébraux. Il existe de multiples formes de scolioses selon l’âge (nourrisson, enfant, adolescent ou adulte) selon les étiologies (idiopatiques, musculaires, malformatives, neurologiques, etc.) et selon la localisation (dorsale, lombaire, dorso-lombaire ou double majeure). Toutes ces scolioses ont un potentiel évolutif différent et nécessitent un traitement spécifique. Le plus souvent la scoliose est découverte par le médecin traitant ou scolaire. L’enfant est examiné. On mesure sa taille debout et assise. La taille assise donne une idée de la croissance résiduelle sur le rachis. L’enfant vu de dos, on recherche un déséquilibre des épaules (scoliose dorsale) et une asymétrie des plis de la taille (scoliose lombaire). Un fil a plomb mis sur C7 permet de mesurer l’équilibre de la scoliose. En cas d’équilibre, le fil à plomb passe par le pli inter-fessier. On demande ensuite à l’enfant de se pencher en avant et on recherche une gibbosité, c’est-à-dire d’une bosse située à côté de la colonne vertébrale. La gibbosité signe la rotation des corps vertébraux et donc la scoliose. Il n’y a pas de scoliose sans gibbosité et toute gibbosité est synonyme de scoliose. La gibbosité est absente en cas d’attitude scoliotique.

L’attitude « scoliotique », à ne pas confondre avec la scoliose, est une mauvaise position de l’enfant qui se tient mal. Beaucoup plus fréquente et moins grave, l’attitude scoliotique est une simple déviation de la colonne vertébrale sans torsion des vertèbres et sans véritable déformation du tronc. Elle ne devient jamais une scoliose. La scoliose peut survenir à tout âge, jusqu’à la fin de l’adolescence (scoliose juvénile entre trois ans et la puberté).

Elle est plus fréquente chez les filles (80 % des scolioses idiopathiques) que chez les garçons (20 %). Dans 70% des cas, La scoliose se développe chez des enfants en pleine santé, sans cause connue. On ignore encore la cause de la scoliose, son origine est probablement multifactorielle avec des facteurs génétiques et héréditaires. L’alimentation, la posture, la pratique de sports ou le port d’un cartable trop lourd ne sont pas directement responsables de la survenue d’une scoliose.

Cependant, le port du cartable reste problématique, et source de bien des maux !

C’est un vrai problème. Les écoliers français portent une charge beaucoup trop lourde et la portent mal le plus souvent : sur une seule épaule… Un enfant en 6ème, devrait porter 10% du poids de son corps. Hors le plus souvent, le cartable pèse près de 10 kgs au lieu de 4 kgs ! Dans une étude portant sur des élèves français de 6ème, le poids moyen du cartable était 9.6 kg, ce qui correspondait à 19,2% du poids de l’enfant. 49% des enfants portaient un cartable représentant plus de 20% de leur propre poids. Certains enfants portaient jusqu’à 40% de leur poids ! Dans cette même étude, les auteurs montrent qu’un cartable supérieur à 20% du poids du corps est un facteur de risque de lombalgie. Il semble que non seulement le poids du cartable mais la durée du port de celui-ci dans la journée soit un facteur favorisant pour l’apparition de rachialgies. Il est à noter qu’au collège le poids du cartable reste constant de la 6ème à la 3ème sans tenir compte du poids de l’enfant. Ainsi un même cartable sera plus « traumatisant » pour un élève de 6ème que pour un de 3ème. La manière de porter un cartable peut influencer sur la survenue de rachialgies. Les cartables portés sur une épaule ou mal positionnés peuvent influer sur la posture et la marche. Des études ont mis en évidence un risque plus élevé de consulter un médecin pour rachialgies chez les élèves portant leur sac à la main contrairement au portage sur les épaules (50% des enfants portant leur cartable à la main présentaient un absentéisme scolaire et/ou sportif contre 11,5% de ceux qui le portaient sur les épaules).

Alors alléger, alléger au maximum les cartables et les maux des écoliers et des collégiens !